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Interviewer les Betteraves
dans leur local de répétition (en fait la chambre du chanteur)
relève de l'exploit. Chaque question entraîne un flot continue
d'explications, d'exemples, de références et de rires. Qu'il
fait bien entendu trier et analyser pour ne retenir que les choses les
plus plausibles.
Les Betteraves :
ANARS BOÎTEUX
Meuh (chant &
guitare) parle le plus, c'est normal, c'est lui le " leader ",
Nounours (batterie) répond avec efficacité, Eponge (guitare)
ne va jamais au bout de ses phrases et de ses idées, quant a KojacK
il parle peu , il est nouveau dans le groupe.
Pas mal de monde a défilé au sein de ce groupe parisien
en deux ans et demi d'existence, 40 concerts et six demo ("dont
des trusc live, accoustiques, des merdes..."). La formation s'est
satabilisée au moment où le groupe sort son premier album
Beacoup de Bruit pour (Presque) Rien, une mixture improbabble mais
bien réelle de ska, de hardcore, d'alternatif, et de punk-rock.
"Au debut, les influences, c'etait Ludwig, Marcel & son Orchestre...
genre c'est la teuf, on rigole, on se sait pas bien jouer mais s'en fout."
Ensuite, ons'est tourné vers des choses plus dures comme Kargols,
Link 80, Choking Victims, et Suicide Machines", avance Meuh.
"On ne se réclame d'aucun milieu.
Dans a scène punk parisienne, on se fait cracher dessus par les
groupes mélodiques, par les groupes de ska, par les Redskins...
Comme on ne veut pas être répértorié, les gens
ne nous aiment pas trop."
"Mais nous on aime
tout le monde", complète Nounours. Les critiques, le groupe
semble y être habitué, elles glissent sans les atteindre.
il semble même s'en nourrir pour continuer. "On est des
bourgeois et fiers de l'être. Pourquoi cacher nos origines? On n'y
est pour rien", entend-on dans le brouhaha. Eponge: "Ah
non moi je viens de la rue!" Et ca rigole, et ça se toise.
Si ça ne se prend pas au serieux, ça sait reconnaître
le talent des autres. Et l'apprécier. Parmis les influences, des
noms tres differents fusent: Katerine, Brigada Flores Magon, The Dillinger
Escape Plan, NoFX, Embuskade, Fantômas, Beethoven... "Ce
qui nous rasemble c'est bobby Lapointe, sa derision, son humour, ses delires."
Est-ce à adire que Les Betteraves sont une version keuponne
du chanteur comique? Pas loin. Ils désacralisent tou et ne cessent
de se décrédibiliser. Est-ce le message du groupe? "Il
n'y a pas de message, c'est ça l'esprit! Il n'y a que des faux
messages" , explique Meuh. "Rien ne doit être pris
au permier degré avec nous. Les groupes engagés, ça
me fait chier. Sur scène, on a un quart d'heure de chanson engagés.
Apres on passe a autre chose. Des groupes le font bien mieux que nous
et de toute façon, personne ne fera mieux que les Bérus.
Et puis, faire des chansons politiques quand on s'appelle les Betteraves...
(rires) On aime la provocation, c'est tout. Comme notre chanson "Suicide
festif". On fait de la musique qui fait beaucoup de bruit et ça
ne mène a rien, on s'en fout d'ailleurs." Derrière
ce je-m'en-foutisme assuré, Les Betteravesn'en sont pas moinsun
groupe eminement sympathique. C'est justement parce que rien n'a d'importance
que leur musique prend une veritable signification. Elle s'apprecie comme
elle est jouée. Avec passion et sans arrière-pensée.
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