les Betteraves - beaucoup de bruit pour (presque) rien.

Encore à la bourre pour les chroniques de cd... le premier "vrai" album des Betteraves est sortit il y a presque deux mois et je me lance pour la chronique que maintenant...je l'ai beaucoup écouté, j'avais pas envie de me planter sur cette chronique, en effet, l'exercice le plus dur était d'oublier tout ce qu'on a pu entendre sur les Betteraves pour ne se focaliser que sur leur musique, beaucoup de rumeurs ont circulés sur le net les concernant, notament à propos de leur récente signature sur le label Créon records, et de l'argent déboursé pour la production et la distribution de leur album... Intègre à leur "étiquette" punk ou pas ? ce n'est pas à moi d'en juger; Mon rôle était de faire abstraction de tous les a priori, et d'écouter cet album avec des oreilles neuves et objectives.
Et bien, perso, j'ai beaucoup apprécié cet album : insouciant, rebelle, énergique, corrosif, sommaire, brut, kepon et railleur; avec des titres résolument punk mais également très ska, et qui parfois effleurent le hardcore ... même si ça se laisse écouter, tout ça n'est qu'un leurre, les Betteraves, ce n'est pas de la musique mais bien du texte... Et là, on peut tout reprocher aux Betteraves sauf le manque d'auto-dérision, l'album est monté comme un pied de nez à l'industrie musicale punk & ska actuelle : du second degré, à la rime certes facile mais tellement vraie, du "festif-engagé", du "plus-débile-tu meurs", du "Yo !" et du "Oï Oï !". L' "esprit Betterave" en musique, ça donne du rap, du funk, du dub, de la pop, même en guest ça part en couille : de l'accordéon et du kazoo (ils ont osé !), et tout ça totalement assumé.
La phrase de conclusion, je vais oser : Même si beaucoup ne l'admettront jamais, dans le style, on a pas fait mieux depuis les Ludwigs !!! En effet, il faudrait être vraiment de mauvaise foi pour chier sur les Betteraves alors qu'on écoutait les Ludwigs 7 ans plus tôt. Après, si vous n'aimez pas les Ludwigs, je ne peux plus rien faire pour vous.

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avril 2002